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[14 -18] La Chine dans la Grande Guerre
Accueil > Avant Guerre > Verdun, France et Chine: des relations anciennes
Verdun, Ville d'Histoire
La bataille de Verdun fut la plus grande bataille du XX° siècle. Dès les premiers jours de combat, elle marqua les esprits des contemporains et, en quelques semaines, le nom de Verdun fit le tour de la planète. La violence des combats et le courage dont firent preuve les assiégés déclenchèrent des vagues d'enthousiasme et de sympathie pour les « combattants du droit contre la force».
Dans bien des cas, avant même la fin de la guerre, nombre de pays ont rendu hommage à la « cité héroïque », la « cité martyre », et l'ont décorée de leur 1er ordre national en témoignage de leur admiration. Elle devint ainsi la ville la plus décorée de France. Elle est restée depuis 1916 le symbole de la Première Guerre Mondiale, cette dimension conférant à la cité et à son champ de bataille une dimension universelle.
La guerre 1914-1918 vit participer au conflit les nations des cinq continents, comprenant toutes les puissances de l'époque. Quel rôle les pays engagés dans ce conflit ont-ils joué? Dans quels contextes se sont-ils engagés ? Pour quels résultats ? Quels liens en ont résulté avec la France et avec Verdun? Et aujourd'hui qu'en reste-il ?
A travers ce site (en devenir), la Ville de Verdun souhaite apporter sa contribution à une meilleure connaissance de cette page d'histoire pour l'Afrique subsaharienne et en particulier l'Afrique de l'ouest.
A terme, les sites histoire de la Ville de Verdun ont vocation à couvrir tous les continents.
Verdun, France et Chine: des relations anciennes

A droite, Gerbillon, prêtre et mandarin
Le Fils du Ciel accueille un verdunois
C’est à partir du XVI° siècle, avec l’italien Matteo Ricci et les missionnaires jésuites, que l’occident commence à découvrir véritablement la Chine. Bien sûr, l’empire du Milieu n’était pas totalement inconnu des européens : la route de la soie, le voyage de Marco Polo notamment avaient permis de soulever le voile.
Mais le fonctionnement de l’empire chinois, les fondements de ses traditions, de ses modes de pensée, son histoire, étaient presque totalement ignorés en Europe, y compris des élites. Les disciples d’Ignace de Loyola (1491 -1556) implantèrent donc en Chine, à partir de 1582, comme ils le firent partout sur la planète, des missions destinées à propager la foi catholique et l’autorité du pape. Ils furent généralement bien accueillis par les chinois qui les autorisaient à voisiner avec les trois grands mouvements philosophico-religieux chinois : Confuciannisme, Bouddhisme et Taoïsme. C’est ainsi que des échanges réguliers commencèrent à s’organiser entre la Chine et la France et se poursuivirent dans la durée. Louis XIV et les penseurs de l’époque y furent particulièrement attentifs.
Gerbillon, verdunois, prêtre et mandarin
Au XVII° siècle, Jean-François Gerbillon, né à Verdun en 1654, est envoyé en Asie par le pape Alexandre VIII. Ce missionnaire est astronome et mathématicien, il écrira plusieurs ouvrages. Il embarque à Brest avec cinq autres missionnaires en 1685 et rejoint la Chine en 1687, après être passé par le SIAM. Ils sont reçus en 1688 par l’empereur Kangxi.
En 1692, le Fils du Ciel autorise officiellement la pratique de la religion chrétienne par un édit de tolérance. Gerbillon, ayant appris le chinois, sert d’interprète à plusieurs reprises lors de négociations diplomatiques notamment en Tartarie, lors du traité de Nerctchinsk, premier traité à être signé entre un pays asiatique et un pays européen, un traité de paix qui dessine les frontières entre Chine et Russie. Le missionnaire accompagne les plénipotentiaires.
Jean-François Gerbillon est également géographe et dessine une carte de la Grande Tartarie. Il est surtout très proche de l’empereur auquel il prodigue des cours de science et de mathématique en langue mandchoue, il est alors le « maître des sciences ». L’Empereur le nomme mandarin et l’autorise à créer une église catholique dans l’enceinte même du palais de Pékin, l’Eglise du Saint Sauveur inaugurée le 9 décembre1703 (Pé-tang), avec inscriptions de la main de Kangxi. Gerbillon (Tchang Tch'eng Che-Tchai en chinois) meurt à Pékin en 1707.
On retiendra de cette période qu’elle fut celle qui introduisit le catholicisme en Chine. Les catholiques chinois qui vinrent travailler en France durant la Première Guerre mondiale sont issus de cette tradition.